Ton droit le plus précieux
est de donner la vie,
si tu veux, quand tu veux.
Surtout si ce désir
est la consécration
d'un noble sentiment
sincèrement partagé.
Sans ces trois conditions,
qui pourrait te blâmer ?
Qui pourrait t'empêcher
d'interrompre parfois
le cours d'une grossesse
par toi non désirée,
si ce n'est l'ignorance
de ces faux moralistes,
qui empétrés à tort
dans leurs contradictions,
approuvent bien souvent
l'application barbare
de la peine de mort.
Mais crois-tu toi aussi
que le choix d'avorter
c'est supprimer dans l'oeuf
la vie d'un être humain ?
Dans ce cas, ta morale
ne pose-t-elle pas problème,
qui donnerait raison
à ceux dont le credo
en tout pareil au tien
te condamnent sans appel ?
Ou qu'importe leur Dieu
s'il se sent offensé,
il n'est pas concerné
et peut donc pardonner.
Et tu aurais raison,
si eux n'avaient pas tort.
Car peut-être ignores-tu
ce qu'ils ne savent pas,
qu'un être humain sans âme
n'en est pas vraiment un ?
Qu'elle choisit sa demeure
qu'après le troisième mois,
et qu'elle l'habite vraiment
vers le tout premier souffle ?
Et qu'avant ce délai,
ce que tu portes en toi,
tout comme un appendice,
n'est qu'un organe annexe
que tu peux expulser
avant qu'il ne soit viable ?
Celà fait des années
que la loi t'y autorise,
dans certaines conditions
dictées par le bon sens,
et par l'inspiration.
Rien n'est dû au hasard,
tu sais maintenant pourquoi !
Mais n'en use pas trop.
Maîtrise tes passions,
pour ne pas attirer
sur toi l'inquisition.
Ta liberté d'aimer
sans vouloir être mère,
n'exclue pas la raison
au nom du grand frisson.
Avorter légalement
et défier la nature
n'est pas pour ton confort,
c'est un ultime recours.
L'homme est avantagé,
malgré lui, malgré toi,
car au commencement,
la Femme recevait l'homme
d'abord pour procréer.
Il en fut donc ainsi .
Mais les temps ont changé.
Et le droit au plaisir,
tu y as droit aussi.
Mais la contraception
est ta seule protection.
C'est le prix du bonheur,
si tu veux, quand tu veux.
Et avec qui tu veux.....
